Environnement
Depuis 2003, la BCF s’engage activement à réduire ses émissions de CO2 et met en oeuvre, année après année, des mesures concrètes visant à avoir un impact positif et mesurable sur son empreinte carbone.
Climat et émissions
Dans ce rapport, les émissions de gaz à effet de serre sont exprimées en tonnes d’équivalent CO2 (tCO2e). Cette unité de mesure permet de comptabiliser l’ensemble des gaz à effet de serre (CO2, CH4, N2O, etc.) en les convertissant selon leur pouvoir de réchauffement global.
Les États signataires de l’Accord de Paris, dont la Suisse, se sont engagés à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, tout en renforçant la résilience face aux changements climatiques et en alignant les flux financiers sur une économie sobre en carbone.
En Suisse, la Loi fédérale sur les objectifs climatiques et l’innovation (LCl), adoptée en 2023, fixe l’objectif zéro émissions nettes d’ici 2050 pour les entreprises, couvrant notamment leurs émissions directes (scope 1) et indirectes liées à l’énergie (scope 2).
Depuis 2008, le bilan carbone de la BCF est calculé selon les directives du Greenhouse Gas Protocol et dans le respect de la norme ISO 14’064 en prenant en compte les émissions directes (scope 1) et indirectes (scopes 2 et 3). Le périmètre d’analyse a été adapté et élargi à plusieurs reprises afin d’améliorer la représentativité des émissions de GES générées par les activités de la BCF. Historiquement, en raison d’un décalage entre la période de reporting et la disponibilité des données, le rapport publié en début d’année N couvrait les émissions de l’année N-2. Cette année, la BCF a redoublé d’efforts afin de rattraper ce décalage et d’aligner la période de reporting avec celle du bilan carbone. Ainsi, courant 2025, le bilan 2024 a été finalisé, puis début 2026, le bilan 2025. Dans le présent rapport, les émissions CO2 de l’année 2025 de la BCF sont analysées pour la partie opérationnelle et les émissions financées (scope 3,15) sont calculées pour l’année 2024 et sont analysées séparément à la fin du chapitre.
La BCF encourage systématiquement les économies d’énergie et de ressources naturelles dans tous ses domaines d’activités. Elle poursuit ses efforts pour contribuer à la réduction de la consommation d’énergie et à la prévention d’un black-out énergétique en Suisse. Au-delà des mesures ponctuelles mises en place, la Banque a lancé plusieurs initiatives à long terme, telles que le remplacement des éclairages, la rénovation de la ventilation de son Siège, ainsi que la réhabilitation de plusieurs autres sites. Dans chacune de ces rénovations, l’efficacité énergétique a été un critère central, visant à réduire l’empreinte environnementale tout en optimisant les consommations d’énergie.
Les critères environnementaux sont également intégrés dans le processus d’achat de la BCF. Les fournisseurs, ainsi que les produits et services, de préférence issus du secteur d’activité de la Banque, doivent non seulement répondre aux exigences de prix et de qualité, mais aussi respecter les normes en matière d’environnement et de responsabilité sociale.
Engagée dans une démarche de transparence, la Banque publie depuis plusieurs années les données liées à son impact environnemental. Elle poursuit le développement de ses indicateurs, avec pour objectif de les affiner et de les renforcer dans les rapports à venir.
Des bâtiments performants
La Banque continue à moderniser ses bâtiments pour atteindre la meilleure performance énergétique possible. Elle poursuit son ambition en rénovant les systèmes de chauffage et l’enveloppe de ses bâtiments. Elle installe des panneaux solaires dans la mesure du possible. De plus, elle veille à la bonne exploitation de ses locaux et cherche à gagner en efficience par des actions d’amélioration et d’optimisation de consommation d’énergie.
En 2025, elle a entamé des démarches afin de remplacer les systèmes de chauffage de sa succursale d’Estavayer-le-Lac. En effet, ce bâtiment sera équipé d’une pompe à chaleur géothermique (PAC) dès le printemps 2026. Le bâtiment du Siège à Fribourg attend impatiemment d’être fourni par le chauffage à distance (CAD). Le projet est en cours et les installations pour le raccordement sont déjà en place. La succursale de Chiètres sera également raccordée au chauffage à distance en 2026.
La BCF travaille également avec l’entreprise YORD, sise sur le site Bluefactory à Fribourg, pour l’optimisation de ses performances énergétiques. Grâce à sa gestion intelligente des systèmes de chauffage, YORD permet d’économiser jusqu’à 40% de l’énergie des bâtiments tout en garantissant le confort de ses utilisatrices et utilisateurs. En 2025, une phase de test a été menée avec le bâtiment du Siège de la Banque. Si le système s’avère concluant, il sera étendu aux succursales.
De l'électricité verte au compteur
L’approvisionnement en électricité est couvert à 100% par le courant vert Hydro Fribourg. La BCF privilégie les ampoules LED ou basse consommation pour l’éclairage extérieur et intérieur de ses bâtiments. Lors de la modernisation de ses bâtiments, elle met en place une gestion automatique de l’éclairage. Elle a signé pour les années 2024-25 plusieurs contrats de chauffage à distance pour ses immeubles.
Pour un numérique plus responsable
La clientèle de la BCF est encouragée à participer à la préservation du climat en utilisant l’e-banking.
L’attestation de labellisation Carbon Fri pour les services en ligne de la Banque est en cours de réévaluation, avec un objectif de certification pour 2026. Le périmètre d’analyse a été élargi en 2025, pour tenir compte des évolutions techniques. Ce certificat atteste que le bilan CO2 est établi par une organisation accréditée garantissant la conformité avec la norme ISO 14044. L’impact carbone des produits en ligne de la BCF est intégré dans le calcul des émissions de CO2. Cela permet de quantifier l’impact carbone de ces services, depuis la chaîne d’approvisionnement (fournisseur en amont), la production de la BCF, jusqu’à l’utilisation par le client en aval. Le certificat Carbon Fri assure également la présence d’une politique climatique et d’une déclaration d’intention pour réduire les émissions de CO2 ainsi que l’existence d’une attestation d’investissement dans la Fondation Carbon Fri.
La majorité des prestations IT de la BCF sont externalisées auprès de Swisscom (Suisse) SA, entreprise faisant partie des prestataires IT parmi les plus durables au monde dans le secteur des télécommunications.
www.swisscom.ch/fr/about/durabilite.html
Diminuer la consommation de ressources
Le 100% du papier utilisé par la BCF est certifié FSC (papier fabriqué à partir de fibres de bois provenant de sources responsables). Grâce aux e-documents, la BCF donne aussi à sa clientèle la possibilité de renoncer aux envois par papier. Les quittances au guichet sont émises et signées sous forme électronique depuis plusieurs années. Depuis 2019, la Banque a diminué sa consommation de papier de 40%. En 2024, une révision des avis clients automatisés a été opérée afin de poursuivre la réduction de l’utilisation du papier et du stockage de l’archivage numérique.
La Banque fait également attention aux matériaux utilisés dans les cartes bancaires. Elle utilise uniquement des cartes dont la matière principale est recyclable.
Trafic professionnel et pendulaire
Depuis 2022, l’Agglomération de Fribourg a reconnu le plan de mobilité de la BCF. Il procure aux collaboratrices et aux collaborateurs des avantages financiers sur des abonnements annuels Frimobil. La Banque accorde un soutien financier supplémentaire à ses collaboratrices et à ses collaborateurs lors de l’achat d’un abonnement annuel de transports publics (job abo).
En 2025, la Banque a également décidé d’offrir un abonnement demi-tarif à l’ensemble de ses collaboratrices et collaborateurs, favorisant ainsi concrètement l’utilisation des transports en commun, tant dans la sphère professionnelle que privée.
En 2024, trois voitures hybrides/électriques ont été mises à disposition pour les déplacements professionnels. La BCF a également installé des bornes de recharge pour les véhicules électriques de ses collaboratrices et de ses collaborateurs.
Objectifs « Science-Based »
Cette année, la BCF a défini ses objectifs « science-based » selon la méthode ACB (Activity-Based Carbon Budget) sur la base des données 2025, laquelle détermine le budget carbone à ne pas dépasser pour rester en dessous des 1,5°C de réchauffement climatique. Enfin, elle a établi un plan d’action pour lui permettre de respecter ce budget ainsi que les objectifs fixés dans la loi. Cette démarche est illustrée par le graphique ci-dessous :
L’axe vertical représente les tonnes d’équivalents CO2. L’axe horizontal représente les années. La droite horizontale située à plus de 14’000 tCO2e représente le budget carbone de la BCF, à ne pas dépasser pour contribuer à limiter le réchauffement à 1,5°C. La droite bleue illustre la trajectoire projetée des émissions cumulées de la Banque, si elle ne prenait aucune mesure d’atténuation pour réduire ses émissions. La courbe jaune illustre les effets estimés des mesures prévues dans le plan de transition de la BCF. Celles-ci devraient permettre à la BCF de respecter son budget carbone, et de contribuer ainsi à l’objectif national de la Loi sur le climat et l’innovation (LCl) et international des Accords de Paris.
Émissions de Gaz à Effet de Serre et évolutions
Le périmètre du bilan carbone est basé sur la méthodologie du Greenhouse Gas Protocol. En tant qu’institution financière, l’empreinte carbone de la BCF est composée des émissions directes et indirectes liées à son activité interne (scopes 1, 2 et 3) et des émissions indirectes générées par ses activités de crédit et de marché (scope 3, catégorie 15). Ces dernières font l’objet d’une démarche d’évaluation distincte.
En 2025, les émissions totales liées à l’exploitation de la BCF se sont élevées à 1’135 tCO2e. Les sources d’émission les plus importantes sont celles des « Trajets pendulaires » (trajets domicile-travail des collaborateurs ; 43%), de la « Production de chaleur » (chauffage des locaux dont la BCF est propriétaire ; 30%), des « Fournitures de bureau » (impressions externes, achats d’ordinateurs, services de la Poste et achats de papier ; 11%) et des « Actifs loués en amont » (chauffage des locaux dont la BCF est locataire ; 7%).
Pour la plupart de ces sources, les évolutions observées ces dernière années peuvent être rapportées à la croissance de l’entreprise. Excepté pour la catégorie des « Fournitures de bureau » dans laquelle l’impact des achats d’ordinateurs est comptabilisé depuis 2022.
Viennent ensuite les « Déplacements professionnels » (avec véhicules d’entreprise, véhicules privés et en transport publics ; 3%), les émissions liées à l’« Electricité » consommée (3%), le « Transport » (approvisionnement des succursales externalisé depuis 2020 et inclus dans le périmètre depuis 2025 ; 2%) et la consommation d’« Eau » (0%).
Pour la catégorie de l’« Electricité », plusieurs changements d’impact sont significatifs. Dès 2017, la BCF est passée à un contrat d’électricité à 100% d’origine hydraulique. Les augmentations observées en 2022 et 2025 sont dues à une adaptation des facteurs d’émissions publiées par les bases de données suisses.
Emissions par scope
Les émissions, classées selon les lignes directrices du GHG Protocol en trois scopes, soit les émissions directes (scope 1), les émissions indirectes liées aux achats d’énergie (scope 2) et les autres émissions indirectes (scope 3) à l’exclusion du scope 3.15 qui est traité séparément (émissions financées) se présentent ainsi :
Le scope 1 de la BCF est composé à 99% du chauffage des locaux dont elle est propriétaire. Il constitue le défi principal pour la Banque, car il s’agira de diminuer ses émissions drastiquement pour respecter les objectifs « science-based » et l’objectif Net Zéro à 2050, obligatoire pour les scopes 1 et 2 selon la LCl.
Le scope 2, quant à lui, est relativement bas (1,5 tCO2e). Cela démontre l’efficacité directe de la politique d’achat d’électricité 100% renouvelable de la BCF.
Le second défi environnemental réside dans le scope 3, et plus particulièrement dans la mobilité pendulaire (scope 3.7 ; trajets domicile-travail des collaboratrices et collaborateurs), qui représente à elle seule 43% du bilan carbone. Cette situation est toutefois habituelle pour une entreprise de service.
Émissions de GES de la BCF (en tCO2e) en 2025 par scope (exclusion du 3,15)
Evolution des indicateurs clés et intensité carbone
Dans une démarche de transparence, la BCF publie l’évolution de ses indicateurs clés depuis 2020. Entre 2024 et 2025, les émissions absolues ont connu une hausse (passant de 1’007 à 1’135 tCO2e). Cette augmentation ne reflète pas une baisse de ses efforts, mais est la conséquence directe de la forte croissance de son établissement. Sur la même période, les effectifs ont augmenté de 50 Équivalents Plein Temps (EPT) et la surface énergétique a augmenté de près de 500 m2.
Pour mesurer la performance, il convient d’observer les indicateurs d’intensité (KPIs relatifs) :
- Baisse structurelle des déplacements professionnels
- Optimisation des consommations d’énergie liées au chauffage et l’électricité par m2
- Stabilité de l’intensité par Equivalent Plein Temps (tCO2e/EPT)
Définition des objectifs de réduction ou budget carbone
Le cadre légal suisse impose à toutes les entreprises d’atteindre le Net Zéro sur les scopes 1 et 2 en 2050. Elle encourage également la définition d’objectifs intermédiaires. De plus, il est demandé aux entreprises de définir leurs objectifs en utilisant un modèle de calcul « basé sur la Science » (Science based targets). Ces exigences impliquent l’utilisation de modèles reconnus pour calculer les objectifs intermédiaires et les budgets carbone encore à disposition.
La méthode ACB – Activity-Based Carbon Budget – est une approche permettant aux entreprises de définir des objectifs de réduction des émissions de CO2 à la fois réalistes et ambitieux. Le point de départ de la méthode est le budget mondial de CO2, c’est-à-dire la quantité limitée de gaz à effet de serre pouvant encore être émise à l’échelle mondiale afin de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, et idéalement à 1,5 °C. Ce budget repose sur des calculs climatologiques et constitue la base scientifique des objectifs climatiques internationaux. Une fois ce budget dépassé, les objectifs pour limiter le réchauffement à 1,5°C ne peuvent plus être respectés.
La spécificité de la méthode ACB réside dans son approche basée sur les activités propres à l’entreprise : au lieu de fixer une réduction proportionnelle uniforme en partant du niveau actuel d’émissions, elle prend en compte les besoins opérationnels réels de l’entreprise. Sur cette base, le budget de CO2 peut être calculé de manière réaliste, tout en restant cohérent avec une trajectoire fondée sur la science.
Cette méthode a déjà servi à l’élaboration de nombreuses feuilles de route validées par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN). Elle est préférée à l’approche SBTi de la Science Based Target initiative car elle respecte les budgets nationaux d’émission, tient compte des mesures déjà mises en œuvre par la BCF et permet de tenir compte de la croissance des activités de la Banque.
Un budget total de 14’417 tCO2 e a été défini pour la BCF en 2025. Il s’agit donc du volume d’émission total à ne pas dépasser avant d’atteindre net zéro émissions. La plus grande part du budget a été attribuée aux activités centrales « Production de chaleur » et « Trajets pendulaires », celles-ci représentant la majorité des activités liées à l’entreprise. Les autres catégories contribuent dans une moindre mesure au budget total et ont été prises en compte en conséquence.
Budget carbone de la BCF (en tonnes de CO2 e)
Benchmarking
Toutes activités confondues, les émissions de la BCF en 2025 se situent légèrement en dessous de la moyenne suisse pour des activités comparables, avec un facteur U de 0,9. Ce résultat s’explique principalement par des émissions par kWh relativement faibles dans les domaines de la production de chaleur et de la consommation d’électricité.
Un facteur U inférieur à 1 indique une performance meilleure que la moyenne, tandis qu’un facteur U supérieur à 1 traduit des émissions plus élevées que la moyenne.
Comparaison des émissions de GES de la BCF avec la moyenne suisse
Plan d’action
Le plan d’action établi en collaboration avec Climate Services a permis de définir la liste des mesures de réduction à prévoir à court, moyen et long terme et de quantifier leur impact pour s’assurer de l’atteinte des objectifs climatiques.
Dans le plan d’action, les 3 scopes ont été pris en compte, malgré le fait que l’obligation légale d’atteinte de l’objectif Net Zéro en 2050 ne concerne que les scopes 1 (Production de chaleur, déplacements professionnels avec véhicule d’entreprise) et 2 (achat d’énergie : électricité et CAD).
Les leviers d’action prioritaires pour la BCF :
- L’assainissement thermique (Scope 1 et 3.08) : comme détaillé dans le chapitre Énergie (GRI 302), le raccordement prévu du Siège de Fribourg au chauffage à distance en 2028 permettra de réduire drastiquement les émissions directes liées au chauffage fossile (actuellement 26% du bilan). Pour le reste des succursales chauffées aux énergies fossiles dont la BCF est propriétaire, les changements des systèmes de chauffage ont été planifiés entre 2026 et 2040 et les réductions qui en résulteront sont prises en compte dans le plan d’action.
- La mobilité (Scope 3) : face au poids prépondérant des trajets pendulaires (489 tCO2e en 2025), la BCF prévoit une mise à jour de son plan de mobilité tous les 5 ans dès 2027, afin de renforcer l’encouragement aux mobilités douces et aux transports publics pour ses collaboratrices et collaborateurs, de s’assurer que les mesures sont suffisamment incitatives et en adéquation avec les changements infrastructurels et que l’objectif de réduction est respecté.
Un suivi rigoureux des mesures et réductions planifiées permettra d’ajuster le plan d’action au fur et à mesure pour s’assurer de respecter le budget carbone mais aussi de réduire les émissions des scopes 1 et 2 à zéro net d’ici 2050.
Emissions financées
En 2025, la BCF a procédé à une quantification complète de ses émissions financées, correspondant au scope 3.15 du GHG Protocol, avec les données de l’année 2024.
Le PCAF (« Partnership for Carbon Accounting Financials », en français « partenariat pour la comptabilité carbone des institutions financières ») est une initiative mondiale menée par le secteur financier pour mesurer et divulguer les émissions de gaz à effet de serre associées aux prêts et aux investissements. Pour répondre à la demande du secteur financier d’une méthode unifiée de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre, le PCAF a publié en 2022 la Norme mondiale de comptabilisation et de déclaration des GES. Cette méthode a été validée par le GHG Protocol pour plusieurs catégories d’actifs, dont les actions et obligations d’entreprises cotées, les prêts aux entreprises, l’immobilier commercial et les hypothèques. C’est donc cette approche qui a été choisie dans cette analyse.
Plan d'action de la BCF : évolution simulée des émissions de GES
Un élément important dans la qualification des résultats est le « score » PCAF, donné par la qualité des données. PCAF classe la qualité des données sur les émissions financées de 1 à 5 selon leur précision :
- Score 1 : données déclarées directement par l’entreprise (meilleure qualité).
- Score 2 : données basées sur des mesures physiques (ex : consommation d’énergie).
- Score 3 : facteurs d’émission sectoriels (moyennes économiques).
- Scores 4-5 : données estimées ou proxy (moins fiables, à éviter).
L’objectif est de privilégier les scores 1 à 3 pour des résultats plus robustes.
a) Prêts aux entreprises
Les émissions ont été quantifiées en partant de l’activité économique des emprunteurs. Les émissions sont estimées sur la base du chiffre d’affaires ou des actifs et la part financée par la BCF. Les données sont converties en émission d’équivalents CO2 en appliquant des facteurs d’émission sectoriels et les résultats correspondent donc à un score PCAF de 4. Le taux de couverture (part du portefeuille évaluée) est de 54%. La BCF souhaite affiner ces calculs en améliorant la précision des données collectées auprès des entreprises. Un projet sera lancé à cet effet durant l’année 2026. Des résultats plus détaillés seront publiés une fois cette analyse effectuée. Les secteurs avec les plus grands volumes d’émissions financées sont la production d’énergie et le transport.
b) Actions et obligations cotées en bourse
Cette catégorie couvre les actions et obligations cotées en bourse. Pour les investissements indirects (comme les fonds), la même méthode s’applique si les détails des participations sont disponibles. Pour calculer les émissions financées par la BCF, les portefeuilles suivants ont été analysés :
- Placements financiers propres (bilan)
- Mandats discrétionnaires
- Mandats non discrétionnaires (conseil et exécution)
Exclusions actuelles (selon la méthode PCAF) :
- Obligations vertes, dette publique, produits dérivés (futures, options, swaps)
- Positions courtes/longues et cas particuliers (comme les introductions en bourse)
La quantification a été réalisée à l’aide des facteurs d’émission de la base de données MSCI par secteurs d’activité. Le score PCAF est donc de 4 et le taux de couverture s’élève à 42%. De la même manière que pour les crédits aux entreprises, la BCF souhaite analyser ces résultats plus en profondeur et affiner les données. Cet objectif sera poursuivi durant l’année 2026.
c) Dette publique
Cette catégorie d’actifs comprend les obligations d’État et les prêts publics de toutes durées, émis en monnaie nationale ou étrangère. Selon le PCAF, les institutions financières doivent déclarer :
- Scope 1 : les émissions nationales (territoriales) des emprunteurs publics, incluant les émissions liées aux exportations. Ces données proviennent des inventaires nationaux. À déclarer avec et sans LULUCF (Land Use, Land-Use Change and Forestry, en français « utilisation des terres, changements d’affectation des terres et foresterie »), car leur traitement varie selon les pays.
- Scope 2 (optionnel) : les émissions liées à l’utilisation locale d’électricité, chaleur, vapeur ou refroidissement importés d’autres régions.
- Scope 3 (optionnel) : les émissions liées aux importations de biens non-énergétiques.
Les émissions sont donc quantifiées sur la base des données d’émissions des pays. Le taux de couverture est proche de 100% et le score PCAF se situe entre 1 et 2.
d) Crédits hypothécaires
L’impact du portefeuille de crédits hypothécaires a été évalué en utilisant les données du portefeuille hypothécaire de la Banque. Les données manquantes ont notamment été complétées à l’aide du Registre fédéral des bâtiments et logements (RegBL) qui communique des informations sur l’âge des bâtiments et leurs surfaces (pour quantifier les besoins en énergie) ainsi que sur les systèmes de production de chaleur. Ces données ont été recoupées avec le portefeuille hypothécaire de la BCF et pondérées en fonction de la part des biens immobiliers financée par la BCF.
Le volume total des émissions financées par des hypothèques de la BCF se monte à 114’562 tCO2e. L’essentiel des émissions provient des 36% de maisons individuelles encore chauffées aux énergies fossiles. La BCF a mis en place des formations pour ses conseillères et conseillers en contact direct avec les propriétaires, afin de les sensibiliser à cette thématique et inciter une rénovation énergétique. Les copropriétés (PPE) sont quant à elles encore chauffées à 41% aux énergies fossiles. Elles représentent 49% des biens mais seulement 19% des émissions. Les locaux commerciaux et l’industrie sont chauffés à plus de 60% aux énergies fossiles mais ne représentent que quelques pourcents du portefeuille.
Synthèse
Pour les périmètres analysés, le total des émissions financées (Scope 3.15) par la BCF est déjà plus de 100 fois supérieur aux émissions générées par ses propres activités. Il faudra ajouter à ce total les émissions financées des portefeuilles en cours de revue (Prêts aux entreprises et Actions et obligations cotées en bourse). La BCF est consciente de l’importance que peuvent jouer les conditions de financement sur la décarbonation de l’économie et du patrimoine immobilier du canton. Par conséquent, elle met en place des mesures tel que le conseil à la clientèle, des taux préférentiels pour les bâtiments Minergie ou équivalent ou encore des critères d’exclusion dans les fonds d’investissement, avec pour but de jouer un rôle plus actif dans ce processus.